22 nov. 2017

L'Amas Ardent


A vrai dire, je ne sais pas par où commencer. J'ai découvert ce livre par hasard en regardant (malheureusement ou heureusement je ne le sais pas vraiment) une émission dédiée à la culture et aux livres sur TV5MONDE. Dans cet extrait (voir en bas de l’article), notre auteur Tunisien Yamen Manai apparaît en compagnie de Jean-Marie Gustave Le Clézio (le célèbre écrivain Français Prix Nobel de Littérature) faisant l'éloge de ce livre déjà récompensé par le prix de la Francophonie des cinq continents et autres récompenses). J'étais intrigué parce que je sais que généralement les écrivains occidentaux ne font pas de compliments non mérités à leurs confrères donc j'ai décidé d'acheter le livre.
Yamen MANAI (auteur de l'Amas Ardent)

Tout à l'heure, j'ai dit "malheureusement, je l'ai découvert sur une chaîne Française et non pas sur une chaine Tunisienne ce qui prouve que les journalistes Tunisiens ne font pas assez d'effort pour promouvoir les talents locaux." et pour positiver "Heureusement que les étrangers parlent et mettent en valeur le talent Tunisien ce qui prouve que non seulement nos écrivains sont talentueux mais aussi manient très bien la langue de Molière.

Je vais commencer tout d'abord par remercier les éditions Elyzad pour la qualité des livres qu'ils éditent au niveau du contenu et même de l'édition. J'ai bien apprécié la couverture que je trouve très expressive avec sa couleur jaunâtre de la cire d'abeille, l'homme Tunisien avec sa "Chachia" et cet insecte (abeille) sur son épaule en guise de compagnon ami remplaçant cette image classique perroquet du pirate ou le rapace des bédouins dans d'autres circonstances cela pourrait être un singe.
La couverture m'a beaucoup parlé puisque moi-même j'étais influencé par la culture apicole grâce à mon père qui a rajouté cette expertise à ses cordes depuis plus de vingt ans.

Le livre commence par une séquence mettant en œuvre les forces géopolitiques qui veulent gouverner le sud de la méditerranée commençant par notre pays la Tunisie (porte de l'Afrique et se trouvant dans un lieu considéré stratégique depuis des centaines d'années). En illustrant une image d'un Emir Arabe dans son yacht en voyage vers le port de Sidi Bousaid après un entretien très louche avec un mafieux Italien (vu le nom évoqué dans le livre, il nous rappelle quelqu'un qui a su marier la Mafia au pouvoir politique). Une critique lancée par l'auteur qui m'a rappelé l'époque de la Piraterie et des bateaux remplis de trésors qui serviront à financer une telle action ou un tel projet. Un projet assez bien étudié pour gouverner un peuple qui vient de chasser son dictateur et souhaiterait décider de son avenir. Hélas, ceci n'est pas le cas ! Dans cette phase, on a l'impression que c'est un roman qui ressemblent à ceux écrits après la révolution et qui traitent de la politique pure et dur. Au fur et à mesure, en tournant les pages je m’aperçois que c'est un livre plus profond que cela pourrait paraitre.

Un apprentissage incroyable à travers une aventure de "DON" l'héro de ce roman qui a vécu plusieurs phases dans sa vie d'apiculteur à "Nawa" son village natale puis son expérience au Golf qui n'a pas été fructueuse et qui lui a donné une image très sombre du genre humain qui n'hésite pas à détruire ce qui l'entoure et à déséquilibrer la nature afin de satisfaire ses propres besoins. Cet égoïsme devenu très fréquent en sociétés modernes l’a poussé à revenir chez lui pour trouver refuge auprès de ses abeilles. Au fil des ans, il a développé une relation particulière avec elles au point de les appeler "Mes filles". Un jour, un incident a changé le courant de sa vie d'apiculteur ; la vie de tous les villageois et tout le peuple.
Je ne vais pas étaler toute l'histoire dans cet article par contre je vais partager avec vous ce que j'ai aimé, ce que j'ai moins aimé et ce que j'ai appris.

Ce que j'ai aimé : 

  • Les jeux de mots sur les prénoms des personnages (typiquement Tunisiens ce qui relève de l'identité de l'auteur et de l'histoire) et aussi sur les noms des pays et des villes.
  • Le style d'écriture de Yamen Manai que je juge assez dynamique pour pousser le lecteur à lire le livre d'un trait (il m'a fallu uniquement deux nuits pour le terminer)
  • Les métaphores très profondes qui m'a poussé à associer le monde humain et la société dans laquelle nous vivons au monde des insectes avec les frelons, les faux bourdons, les différents types d'abeilles...
  • La description émotionnelle bien maîtrisée par l'écrivain (Je ne vous cache pas, j'ai eu par moment des frissons, des larmes aux yeux, des sourires, des étonnements, j'étais joyeux et parfois triste, je lisais d’une façon très engagée et j'estime que le génie de l'auteur à réveiller toute cela en moi.)
  • Le fait de débattre sur les sujets religieux (assez tabou pour pouvoir en parler).
  • L'impact de la religion mal comprise sur une population démunie et facilement manipulable. 
  • Le travail sur les valeurs et les relations humaines toujours présentes dans la société Tunisienne qui nous distinguent du monde occidental malgré son modernisme et son développement.
  • La valeur ajoutée du roman qui apporte aux lecteurs un apprentissage de vie.
  • L'humour intelligent qui nous accompagne dans l'aventure de lecture.
  • La sensibilité de l'auteur aux sujets d'identité et d'appartenance au pays tuées par les politiques. 
Ce que j'ai moins aimé :
  • Le fait de montrer uniquement la facette politique au nom de l'Islam qui n'est pas l’unique facette de la religion (j’aurai bien aimé ne pas associer d'une façon radicale l'islam au parti de Dieu malgré le fait qu'ils essayent de le faire tout le temps) ceci reste toujours un avis personnel avec tout mon respect à la position de l'auteur.
Ce que j'ai appris: 
  • L'être humain dépend de toutes les composantes de la nature (Einstein a dit : " Si jamais les abeilles disparaissent, l'espèce humaine risque de disparaître 50 ans après" les explications dans le livre)
  • On croit qu'on maîtrise tout avec la science et le progrès mais beaucoup de choses nous échappent. 
  • Il faut apprendre le "lâcher prise" pour pouvoir vivre épanoui.
  • Les changements qui nous entourent sont tellement rapides de façon à ce que le fait de les accepter, les apprivoiser et s'y adapter n'est plus un choix ça devient vital.
  • Il faut de tout pour faire un monde et il faut de tout pour faire un milieu naturel (accepter les différences et réfléchir comment vivre avec pour pouvoir évoluer).
  • Enfin, j'ai appris qu'il faut toujours garder cet esprit d'apprentissage perpétuel pour pouvoir surmonter tous les défis de la vie.
Je tiens à féliciter l'auteur Tunisien Yamen Manai pour ce chef d'œuvre qui a mérité toutes les récompenses récoltées et qui me donne beaucoup d’espoir.


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